dimanche 8 août 2010

Derniere Semaine a Cusco...

Je suis assez en retard sur les nouvelles, à tel point que je ne sais pas très bien par où commencer... Quand j'ai commencé a écrire ce message, nous étions a Ica, ville complètement improbable située au coeur de dunes de sable géantes où tout semble appartenir a un autre monde... Nous y étions arrivées, Céleste et moi, après avoir passé 15 heures dans un bus de nuit au départ de Cusco. Aujourd'hui nous sommes a Paracas, sur le départ pour Lima.

Je vais donc essayer de vous raconter les derniers épisodes de notre aventure a Cusco...

Notre dernière semaine commençait donc sur une note assez tragique, avec la disparition de la petite Luz Marina... Ni Céleste ni moi n'en avons beaucoup parlé, mais je sais que la nouvelle nous a attristé tout autant l'une que l'autre. Nous avons conscience plus que jamais que beaucoup de ces enfants ne verront pas la fin de l'année, et que l'aide que nous leur avons apporté n'est qu'une goutte d'eau dans un océan de misère. Enfin c'est malheureusement un constat inévitable, qui fait mal, très mal. Et nous nous interrogions d'autant plus sur la force du dévouement des soeurs de Mère Térésa, qui réussissent malgré cette fatalité a continuer de se battre pour chacun de ces enfants. Je ne le répéterai jamais assez, quel exemple de courage...

Nous nous étions promis d'aller rendre visite a la soeur qui nous avait accompagné, au tout début de notre séjour, jusqu'a l'orphelinat. Nous l'avions rencontré au couvent des soeurs Carmélites de l'ordre de Sainte Terese de Lisieux, situé juste à côté de notre hostel, et réputé pour être l'un des plus beaux de la ville. Également l'un des plus difficile à visiter...
Après avoir demandé à parler a Soeur Lorianna au travers d'un tourniquet en bois, nous fûmes invitées a entrer par une minuscule porte débouchant sur un couloir qui nous mena tout droit dans une sorte de parloir.
Dans cette pièce aux murs bleu pastel nous avons attendu que quelqu'un nous rejoigne. Ce que Mère Lorianna fit assez rapidement. "Mère Lorianna" car, comme nous l'avait appris le tourniquet parlant (ou plus exactement la soeur cachée derrière) nous avions donc à faire à la mère supérieure du couvent...

Elle apparut derrière une double grille qui lui cachait quasi complètement le visage, et sembla heureuse de nous voir. Elle demanda des nouvelles de notre travail a l'orphelinat, mais semblait quand même confuse quant a la raison de notre présence au couvent. Nous lui avons donc explique que nous souhaitions le visiter. Ce qu'elle interpréta d'abord comme une intention de notre part de devenir bonnes soeurs... L'idée semblait la réjouir car elle joignit ses mains dans ce qui semblait être un "Alléluia" silencieux!
Assez vite nous dissipions poliment l'idée ( ce qui sembla la décevoir un peu), et elle finit par comprendre nos intentions. Ce fut a ce moment la qu'elle commença sans transitions a parler du toit de leur chapelle sur le point de s'écrouler, du  manque d'eau chaude, de l'état de leurs plafonds... Céleste et moi nous nous regardions, incapables de comprendre ou elle voulait en venir, jusqu'à ce que les mots "500.000$", "donation", "bienfaiteur" et "aide financière" firent leur apparition... Nous nous demandions d'abord si elle souhaitait que nous fassions une donation en compensation pour la visite, mais très vite nous arrivions a un tout autre accord. Nous aurions donc le droit de pénétrer dans le couvent, et même de prendre des photos (double privilège) a condition que nous fassions parvenir ces photos ainsi que les revendications des soeurs jusqu'au couvent de Sainte Terese de Lisieux en France, qui jusque la avait été sourd a leurs prières...

Un peu ahuries mais partantes pour le deal, nous pénétrions donc dans le couvent pour une visite guidée et commentée par la Mère Lorianna en personne. Et nous fumes effectivement assez effarées par ce que nous vîmes a l'intérieur!

Ce couvent avait dut réellement être magnifique, a la vue de ce que nous laissait présager le petit patio en fleur, la fontaine centrale, les arcades en pierre et les petites chapelles adjacentes a la cour. Mais en y regardant de plus près, on pouvait distinguer clairement les fissures des plafonds prêts a s'effondrer, les poutres fissurées, les infiltrations d'eau, le matériel complètement hors d'âge...
Après la visite du couvent et du temple, on nous fit entrer a l'intérieur des dortoirs ou les aspirantes sont logées. La encore, gros choc pour Céleste et moi quand nous pénétrons dans une cour complètement laissée en friche, entourée de bâtiments de style coloniaux prêts a tomber en poussière. La jeune fille qui nous accompagnait nous rassura en nous disant que CA, ce n'était pas vraiment l'endroit ou elle vivait. Nous la suivîmes donc un peu plus loin, dans un taudis d'un autre genre... Pas d'eau chaude, pas d'électricité, de la peinture décrépite sur les murs (murs qui devaient d'ailleurs tenir debout par la bonté du saint Esprit), et au milieu de ça, ces deux jeunes filles de 16 et 18 ans, se préparant dans le plus grand dénuement a consacrer leur vie a l'Église...

Il est incroyable de voir dans ces pays le nombre de jeunes filles souhaitant devenir soeurs. Comme nous le faisait remarquer Mère Lorianne, "beaucoup de postulantes, et très peu de moyens financiers". Le couvent dispose seulement de 50 soles (environ 17 dollars) par jour pour nourrir toutes les soeurs!
Enfin cette abondance de candidates s'explique la plus part du temps par les alternatives peu attirantes qui s'offrent a elles... une famille très pauvre qui n'a pas les moyens de les éduquer, ni de les protéger d'une grossesse a 15 ans, être battue par un mari alcoolique, ou se démener pour nourrir ses 7 enfants en vendant toutes sortes de services plus ou moins honnêtes aux touristes...
Quelques soient leurs motivations, j'admire leur conviction et leur renonciation a tout confort. Et pour en avoir été témoin, leur conditions de vie sont loin, très loin d'être enviable...


Nous quittions donc le couvent après avoir été remerciées (!!!) par les soeurs qui avaient préparé pour nous tout un panier de pâtisseries maison, qu'elles vendent habituellement pour assurer les 50 soles quotidiens...


Après cette expérience plutôt particulière, je suis tombée assez malade, ce qui m'empêcha d'aller m'occuper des enfants pendant les deux jours suivants. Ce qui fut une grande frustration, a la veille de notre départ de Cusco. Enfin grâce aux antibiotiques Péruviens et aux bons soins d'Infirmière Céleste, j'étais sur pieds deux jours plus tard pour notre Trek de  4 jours dans les Andes...


Enfin le Choquequirao est une autre histoire, que je raconterai très bientôt dans un prochain message!


Je vous embrasse très fort, et j'espère pouvoir terminer la mise a jour avant mon retour en France, dans 2 jours...

Lea

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