lundi 9 août 2010

Choquequirao Trek, i.e Mont Chocapic pour les intimes

Après une très rapide convalescence de mon côte, nous partions donc, Céleste, 2 autres françaises (que nous rencontrions pour la première fois dans le mini van le samedi matin) et moi, pour un trek de 4 jours dans les Andes...

Nous avions lu et entendu beaucoup de choses sur le Choquequirao. La plus part le décrivant comme un endroit magnifique mais très difficile d'accès, seulement réservé aux très bons trekeurs. Nous ne savions pas ce que très bon trekeur voulait dire, mais pour nous donner du courage nous nous répétions "On est jeune, on peut le faire". On se disait aussi qu'aillant monté les mille et quelques marches a pic pour accéder a la montagne du Machu Pichu, marcher pendant quelques heures en montée ne pouvait pas être si difficile après tout....

J'ai un seul mot a dire: ERREUR!

Nous décidions d'immortaliser notre arrivée au village de départ par une photo "pre-trek", histoire d'avoir un point de comparaison lorsque nous rentrerions. Fraîches et en grande forme, nous avons effectivement l'air très conquérantes sur cette photo...

Les muletiers et le cuisiner qui nous accompagnaient prirent soin de nos sacs et nous partîmes donc avec le minimum sur le dos, munies de nos bâtons de marche, de nos chaussures de trekeuses et de notre moral d'acier...

Enfin ce fut de courte durée, car très vite nous nous rendîmes compte de l'ampleur de la tache... Après avoir marché pendant 4 heures sur un chemin plus ou moins plat (parfois clairement pentu), que notre guide s'acharnait a appeler "descente", nous commencions sérieusement a nous demander a quoi ressemblerait la montée, si ÇA, c'était la "descente"...
Et d'ailleurs nous le découvrimes très rapidement, lorsque arrivées au sommet d'un promontoire, nous entamions la descente a pic d'une montagne, qui allait durer pendant 2 bonnes heures...
 Nous fîmes donc rapidement le calcul que 2 bonnes heures de descente raide raide raide = 4 (voir 5) bonnes heures de montée raide, raide, raide, encore plus raide, puisque nous devions revenir sur nos pas au retour...
La clairement, on en menait pas large, et notre moral descendit encore de quelques degrés lorsqu'on croisa un groupe d'italiens, eux sur le chemin du retour.... Ils n'avaient vraiment, mais alors vraiment pas l'air frais les italiens! Tous rouges et transpirants, complètement a bout de souffle, tenant a peine sur leur jambes, s'accrochant a leurs bâtons comme a un ultime secours, et surtout, nous regardant avec des yeux pleins de quelque chose qui voulait dire: " Vous ne savez vraiment, mais alors VRAIMENT pas ce qui vous attend les amis!".
Le coup de grâce fut porté par une attaque surprise de moustiques très agressifs, a peine visibles a l'oeil mais laissant des traces énormes de leur passage.
 Je me dois de dédier les lignes qui suivent a ma soeur, et au précieux anti-moustique surpuissant qu'elle m'avait confié avant de partir, qui bien qu'il ait dissout le plastique de ma montre swatch, fut mon meilleur ami tout au long de ce trek. MERCI CELINE!

Résultat, Lea: 0 piqûres en 4 jours - Céleste, Lauriane et Margot: ... moins joli a voir...

Le premier jour fut une telle surprise que nous regardions a peine le paysage, qui malgré tout commençais déjà a laisser présager de la beauté de ce qui nous attendais au bout de la route. Nous étions surtout concentrées sur la journée du lendemain, qui promettait d'être la plus difficile...

Après une très mauvaise nuit passée sous la tente ou Céleste et moi ne trouvions pas le sommeil, nous fûmes réveillées par l'apprenti cuisinier a 4h du matin pour le petit déjeuner qu'on avala sans rien dire a la lueur des lampes de poche, chacune pensant a ce qui l'attendait sur le chemin...
A 5h nous étions sur la route, et après être descendues pendant 40 minutes environ jusqu'au lit de la rivière, au fond du fond du canyon, nous la traversâmes et nous nous retrouvâmes au pied d'une énorme montagne, sur un chemin de terre suffisamment large pour se tenir a deux de front, jalonné de pierres et, plus important, montant de façon sinueuse et TRÈS inclinée sur le flanc de la montagne... Bien sur on ne pouvait distinguer que la fin d'une ligne droite avant que le chemin ne bifurque complètement sur lui même pour entamer une nouvelle ligne droite, et ainsi de suite jusqu'au sommet.... La végétation étant assez riche sur ce versant, nous ne pouvions absolument pas distinguer la fin de ces zigzags. Seulement de temps en temps on voyait apparaître un bout de chemin au dessus de nos tètes (quand on était pas trop occupées a regarder nos pieds), toujours trop loin et toujours trop haut.

L'ascension commença d'abord assez rapidement pour moi, puis ralentit considérablement lorsqu'après 20 minutes de montée je me trouvais complètement a bout de souffle, n'arrivant pas a trouver le rythme, et ne comprenant pas comment tout le monde faisait pour me dépasser. Et par tout le monde, je veux surtout dire Céleste et Lauriane, qui traçaient leur chemin au moins deux boucles au dessus de moi... Je ne sais pas si le fait de toujours être sous antibiotiques a eu une quelconque influence, mais l'expression tant aimée de Céleste prit tout son sens pour moi ce jour la, sur cette montagne: j'étais AU BOUT DE MA LIFE!!
Après 2 heures d'ascension ou je refusais catégoriquement de regarder ma montre, je demandais finalement a notre guide combien de temps il restait avant le sommet de la montagne. Il prit un petit air dégagé en me disant " mas o meno 1 ora": Plus ou moins une heure... Ça faisait beaucoup de montagne ça, encore...
Il me proposa de monter sur la "mula de emergenzia", la bourrique de secours, mais mon ego eut un sursaut et avant même que j'ai le temps d'y réfléchir, je disais non...

Un "Non" qui me valut une belle boule dans la gorge lorsque nos muletiers, suivi de leurs 2 mules chargées et de notre "mula de emergenzia", me dépassèrent EN COURANT, EN SANDALES, EN MONTÉE, tout en étant partis 1h après nous du campement de la veille..
10 minutes plus tard, notre cuisinier, chargé de 8kilos de casseroles et de nourriture sur le dos, me dépassait aussi, souriant de toutes ses gencives édentées, lui aussi en courant, lui aussi en sandales, me glissant quelques mots d'encouragement au passage (enfin je crois que c'était des encouragements, car nous avions un peu de mal a comprendre son élocution d'Indianito-Quechua-des-montagnes-édenté)...
Je dus me concentrer très fort pour ne pas pleurer a ce moment la, et cherchant une source d'encouragement, je me tournais vers mon guide (qui lui avait eu la bonne intuition de ne pas tenter le dépassement) et lui demandais combien de temps il restait, encore. Mauvaise idée. A l'annonce des 50 minutes restantes, je jetais mon sac a terre et je vidais ma réserve de cookies.

Reboostée (un peu) par la décharge de sucre, je finissais cette montée de l'horreur, et étais très contente de retrouver les autres au sommet, certes reposées car arrivées un quart d'heure avant moi, mais ayant tout autant souffert dans la dernière partie de leur ascension.. Je n'étais donc pas la seule.. (et oui, on se raccroche a ce qu'on peut!)

Nous primes la route du second campement ou nous arrivions 1h30 plus tard, par un chemin en montée et descente. Absolument épuisées, nous nous écroulions toutes sur l'herbe, comptant nos ampoules et piqûres de moustiques (toujours au nombre de 0 pour moi...), en attendant que le déjeuner soit pret, ce qu'il fut assez rapidement.


Je dois dire que notre cuisinier a été une vrai perle, et probablement la personnalité la plus importante de ce trek. Nous vivions pour les repas. Nous marchions pour les repas. Nous respirions pour les repas. Enfin bien sur pour le Choquequirao aussi, ultimement... Mais sur le moment, surtout pour les repas! Et il ne nous déçut pas une seule seconde, nous préparant toujours des petites merveilles culinaires (même une patate vapeur aurait été merveilleuse vu la faim que nous avions systématiquement après avoir marché), nous faisant même sauter des pop corns pour le goûter! Nous n'avons toujours pas au jour d'aujourd'hui pu élucider le mystère de son prénom ( Alberto ou Juan alternativement, ou les deux, prononcez "rruuhalberto" s'il vous plaît...).


Après avoir fait une siesta péruvienne au soleil, nous partions pour l'exploration du site lui même, situé juste au dessus de notre campement, a une heure de marche (en montée, bien sur). Lorsque nous arrivames la haut, une surprise assez magique nous attendait... Personne a l'horizon. Juste nous, les condors, les ruines du Choquequirao, et un panorama a vous couper le souffle. Pouvoir se tenir au sommet de cette citadelle Inca avec la vallée s'étendant a nos pieds et le soleil se couchant sur les montagnes valait bien tous les efforts fournis jusque la. Et nous ressentions d'autant plus le privilège de faire partie du peu de personnes qui avaient fait le chemin jusqu'ici, comparativement au Machu Pichu, complètement envahi de touristes piétinant, criant, râlant, flashant leurs appareils a tout va, et n'appréciant jamais tout a fait la beauté de l'endroit...


Être arrivé jusque la était une chose. Mais nous devions repartir. Et cette fois ci, pas de Choquequirao au bout pour motiver la marche. Nous visualisions donc, toute la journée du lendemain lorsque nous redescendions notre montagne, une douche, chaude et propre, du savon, une vraie couverture dans un vrai lit avec un vrai matelas... Enfin bref, toutes ces petites choses qui nous manquaient tant de la civilisation. La descente d'1h40 fit mal, plutôt très mal aux jambes, et le petit bout de remonté d'une heure sur l'autre rive, en plein soleil de midi, fut encore plus éprouvant. Nous arrivions au 3e campement épuisées, sales, transpirantes, ne rêvant que d'une chose: Une douche.
Ce que certaines eurent le courage de prendre, au milieu des poules, de la boue, des moustiques, et des péruviens pervers qui se rinçaient l'oeil des que la toile censée matérialiser la douche se levait sous l'effet du vent...


Après dîner, notre guide insista pour que nous fassions l'expérience d'un rituel pour Pachamama, la mère nature. Nous nous réunîmes donc au sommet d'un petit promontoire, et avec notre guide qui semblait être entré dans une sorte de transe, nous avons remercié les montagnes pour ce trek que nous venions d'effectuer. Céleste, Margot, Lauriane et moi luttions pour retenir un fou rire qui avait commencé quelques heures plus tôt, mais nous eûmes beaucoup de mal lorsqu'il commença a réciter des incantations en Quechua et nous demanda de souffler sur nos feuilles de maté avant de les enterrer dans un petit trou fait dans la terre, auquel il sembla parler pendant d'interminables secondes...

Après ce moment hautement spirituel, nous regagnions nos tentes pour une très courte nuit. Nous étions debout a 3h du matin, pour attaquer la dernière partie de notre ascension vers notre point d'arrivée. Et ce fut dur. Très dur. Mais, énergie du désespoir aidant, nous avancions bizarrement beaucoup plus vite que nous n'avions jamais avancé. Et lorsque nous franchîmes la dernière cime, le dernier zig avant le zag final, nous trouvâmes quand même la force de faire une petite danse de joie!
Il restait quand même 2heures de marche avant de regagner le village, qu'on rejoignit finalement sur les coups de 10h30, pour la photo finale, "Post-Trek"... Comme on pouvait s'y attendre, plus aucune de nous ne tenait debout, et clairement plus aucune de nous n'avait fière allure. On avait juste toutes l'air, encore une fois, au bout de notre life!

Enfin après un retour en bus a Cusco de plusieurs heures, nous retrouvions notre hostel, notre lit, notre douche, qui fut longue, et chaude, et savonneuse! Et le soir nous nous retrouvions toutes les 4 pour savourer notre victoire autour du plus gros burger que je n'ai jamais mangé. Pure Bonheur!

Je ne pense pas que si on m'avait fait la description exacte de ce trek je ne me serais jamais sentie capable de le faire, ni n'en aurais-je eu envie probablement... Mais grâce a ces pulsions un peu masochistes que Céleste a parfois, et a mon ignorance, j'ai pu admirer une des plus belles vues qui m'ait jamais été donnée a voir, et surtout j'ai pu apprécier tout le pouvoir du mental sur le physique, lorsque clairement mes jambes disaient "merde"  et que ma tête disait "avance!". Mont Chocapic, tu m'auras appris une belle leçon sur moi même...

dimanche 8 août 2010

Derniere Semaine a Cusco...

Je suis assez en retard sur les nouvelles, à tel point que je ne sais pas très bien par où commencer... Quand j'ai commencé a écrire ce message, nous étions a Ica, ville complètement improbable située au coeur de dunes de sable géantes où tout semble appartenir a un autre monde... Nous y étions arrivées, Céleste et moi, après avoir passé 15 heures dans un bus de nuit au départ de Cusco. Aujourd'hui nous sommes a Paracas, sur le départ pour Lima.

Je vais donc essayer de vous raconter les derniers épisodes de notre aventure a Cusco...

Notre dernière semaine commençait donc sur une note assez tragique, avec la disparition de la petite Luz Marina... Ni Céleste ni moi n'en avons beaucoup parlé, mais je sais que la nouvelle nous a attristé tout autant l'une que l'autre. Nous avons conscience plus que jamais que beaucoup de ces enfants ne verront pas la fin de l'année, et que l'aide que nous leur avons apporté n'est qu'une goutte d'eau dans un océan de misère. Enfin c'est malheureusement un constat inévitable, qui fait mal, très mal. Et nous nous interrogions d'autant plus sur la force du dévouement des soeurs de Mère Térésa, qui réussissent malgré cette fatalité a continuer de se battre pour chacun de ces enfants. Je ne le répéterai jamais assez, quel exemple de courage...

Nous nous étions promis d'aller rendre visite a la soeur qui nous avait accompagné, au tout début de notre séjour, jusqu'a l'orphelinat. Nous l'avions rencontré au couvent des soeurs Carmélites de l'ordre de Sainte Terese de Lisieux, situé juste à côté de notre hostel, et réputé pour être l'un des plus beaux de la ville. Également l'un des plus difficile à visiter...
Après avoir demandé à parler a Soeur Lorianna au travers d'un tourniquet en bois, nous fûmes invitées a entrer par une minuscule porte débouchant sur un couloir qui nous mena tout droit dans une sorte de parloir.
Dans cette pièce aux murs bleu pastel nous avons attendu que quelqu'un nous rejoigne. Ce que Mère Lorianna fit assez rapidement. "Mère Lorianna" car, comme nous l'avait appris le tourniquet parlant (ou plus exactement la soeur cachée derrière) nous avions donc à faire à la mère supérieure du couvent...

Elle apparut derrière une double grille qui lui cachait quasi complètement le visage, et sembla heureuse de nous voir. Elle demanda des nouvelles de notre travail a l'orphelinat, mais semblait quand même confuse quant a la raison de notre présence au couvent. Nous lui avons donc explique que nous souhaitions le visiter. Ce qu'elle interpréta d'abord comme une intention de notre part de devenir bonnes soeurs... L'idée semblait la réjouir car elle joignit ses mains dans ce qui semblait être un "Alléluia" silencieux!
Assez vite nous dissipions poliment l'idée ( ce qui sembla la décevoir un peu), et elle finit par comprendre nos intentions. Ce fut a ce moment la qu'elle commença sans transitions a parler du toit de leur chapelle sur le point de s'écrouler, du  manque d'eau chaude, de l'état de leurs plafonds... Céleste et moi nous nous regardions, incapables de comprendre ou elle voulait en venir, jusqu'à ce que les mots "500.000$", "donation", "bienfaiteur" et "aide financière" firent leur apparition... Nous nous demandions d'abord si elle souhaitait que nous fassions une donation en compensation pour la visite, mais très vite nous arrivions a un tout autre accord. Nous aurions donc le droit de pénétrer dans le couvent, et même de prendre des photos (double privilège) a condition que nous fassions parvenir ces photos ainsi que les revendications des soeurs jusqu'au couvent de Sainte Terese de Lisieux en France, qui jusque la avait été sourd a leurs prières...

Un peu ahuries mais partantes pour le deal, nous pénétrions donc dans le couvent pour une visite guidée et commentée par la Mère Lorianna en personne. Et nous fumes effectivement assez effarées par ce que nous vîmes a l'intérieur!

Ce couvent avait dut réellement être magnifique, a la vue de ce que nous laissait présager le petit patio en fleur, la fontaine centrale, les arcades en pierre et les petites chapelles adjacentes a la cour. Mais en y regardant de plus près, on pouvait distinguer clairement les fissures des plafonds prêts a s'effondrer, les poutres fissurées, les infiltrations d'eau, le matériel complètement hors d'âge...
Après la visite du couvent et du temple, on nous fit entrer a l'intérieur des dortoirs ou les aspirantes sont logées. La encore, gros choc pour Céleste et moi quand nous pénétrons dans une cour complètement laissée en friche, entourée de bâtiments de style coloniaux prêts a tomber en poussière. La jeune fille qui nous accompagnait nous rassura en nous disant que CA, ce n'était pas vraiment l'endroit ou elle vivait. Nous la suivîmes donc un peu plus loin, dans un taudis d'un autre genre... Pas d'eau chaude, pas d'électricité, de la peinture décrépite sur les murs (murs qui devaient d'ailleurs tenir debout par la bonté du saint Esprit), et au milieu de ça, ces deux jeunes filles de 16 et 18 ans, se préparant dans le plus grand dénuement a consacrer leur vie a l'Église...

Il est incroyable de voir dans ces pays le nombre de jeunes filles souhaitant devenir soeurs. Comme nous le faisait remarquer Mère Lorianne, "beaucoup de postulantes, et très peu de moyens financiers". Le couvent dispose seulement de 50 soles (environ 17 dollars) par jour pour nourrir toutes les soeurs!
Enfin cette abondance de candidates s'explique la plus part du temps par les alternatives peu attirantes qui s'offrent a elles... une famille très pauvre qui n'a pas les moyens de les éduquer, ni de les protéger d'une grossesse a 15 ans, être battue par un mari alcoolique, ou se démener pour nourrir ses 7 enfants en vendant toutes sortes de services plus ou moins honnêtes aux touristes...
Quelques soient leurs motivations, j'admire leur conviction et leur renonciation a tout confort. Et pour en avoir été témoin, leur conditions de vie sont loin, très loin d'être enviable...


Nous quittions donc le couvent après avoir été remerciées (!!!) par les soeurs qui avaient préparé pour nous tout un panier de pâtisseries maison, qu'elles vendent habituellement pour assurer les 50 soles quotidiens...


Après cette expérience plutôt particulière, je suis tombée assez malade, ce qui m'empêcha d'aller m'occuper des enfants pendant les deux jours suivants. Ce qui fut une grande frustration, a la veille de notre départ de Cusco. Enfin grâce aux antibiotiques Péruviens et aux bons soins d'Infirmière Céleste, j'étais sur pieds deux jours plus tard pour notre Trek de  4 jours dans les Andes...


Enfin le Choquequirao est une autre histoire, que je raconterai très bientôt dans un prochain message!


Je vous embrasse très fort, et j'espère pouvoir terminer la mise a jour avant mon retour en France, dans 2 jours...

Lea

mardi 27 juillet 2010

Machu Pichu, at last...And another shinning star

As our first attempt to go to Machu Pichu was a complete failure, we had decided to try to get there, by our own means this time. So we were off last friday, taking a collectivo from Cusco to Ollantaytambo, where we then got in a train to Aguas Calientes, also called Machu Pichu Pueblo ( How inventive). Well let me tell you, THAT pueblo is the biggest tourist trap I have ever seen, and we were so glad we only had to spend a few hours there. After chasing after our hotel reservation (Of course they had messed up the dates, of course we had to go somewhere else...) we went for a quick dinner to a French-Peruvian restaurant owned by a guy from Marseille (which clearly got me wondering why on earth would you decide to settle down in that place, out of all the cities in the World...), and then we were off pretty early to our beds, as we had plan to rise at 4.30 am to climb the camino to Machu Pichu...



Well we eventually managed to leave the hotel at 5, and we were soon at the bottom of the endless flight of steps that constitute the "walking way" up to the top... We were definitely not ready (and not sufficiently awake) for that! So we sweated our way up and eventually made it, 1hour and 45 minutes later, at the entrance of the site, where 5 buses had already arrived (5 minutes ride up from the pueblo), therefore reducing to nothing all the efforts made to get there first! We were soon to find out some people had even left their hotel at 1.30am to be among the first in front of the gate... Pure madness, you are probably saying in front of your screen... But the early climb really made us feel like we DESERVED our Machu Pichu. So when we emerged from the bushes, all covered in sweat, hardly breathing and barely standing, we still managed to walk very proudly in front of all the tourists getting out of the buses, dropping some "ridiiiiculous", "lazzy tourists", "pff, if the Incas could see you they'd be ashamed!" along the way...


Still we didn't make it early enough to be among the 400 people who would be granted the right to climg Wyna Pichu, the mountain facing Machu Pichu which top offers a splendid view over the site. No worries, if there was no Wyna Pichu, there would be something else... And so we were off to climb the Machu Pichu mountain, towering some 600 meters over the site, therefore 400 meters higher than the Wyna Pichu mountain. The climb was..... well, experimental, for the least! A very (very very) steep stairway climbing perpendicular to the mountain for about 1h30, with some passages where there was hardly enough space to put your feet (especially when you are wearing hiking boots), led us to a breathtaking (litteraly, because of the climb, and of course for the views...) mirador, overlooking the entire valley, the Urubamba river, the snowy tops of the Andes mountains in the distance, and of course, the magestic Machu Pichu, laying at our feet....


Machu Pichu is this absolutely impossible construction, located on the top of a mountain, which sides are so steep no one could ever stand on them. Well, the Incas built a city on it! And what a city... beautiful stoneworks, perfect control and understanding of agriculture techniques, mastering of astrology and season rythms, mix of traditional and spiritual life in a gem-like setting... Clearly we asked ourselves the question: How can they have possibly, without weels or any sort of help other than human hands, brought up the stones used to build their houses, since they did not come directly from the mountain...

One thing we all agreed on, Incas were no lazy people! They weren't trying to make their lives any easier either, that's for sure!

After spending an hour at the top of that mountain, shooting hundreds of pictures, we eventually came back down and decided to take a little nap on one of the terraces, Inca way, before catching one of the last buses back down to Aguas Calientes, our legs hurting like hell, but our heads full of beautiful things...


The same night, we got a train back to Ollantaytambo, where we were supposed to spend the night. Well, as it was to be expected (couldn't get lucky all the way, could we...), the hotel was a dodgy, dodgy place, with cucarachas running around, hairs left all over the bathroom, probably more pulgas in the beds, and so on and so forth. Basically, we didn't sleep at all, and were out as early a we could to get a bus back to Cusco. I was starting to feel sick and that night hadn't exactly helped...

When we arrived in Cusco on Sunday morning, we went straight to the center, with our dirty clothes and our tired looks. I was feeling quite ashamed as Sunday is the day of Mass, and I didn't like the idea that for once, I would look more dirty than all the kids together after lunch time... But when I walked into the church, it became the last of my problems.. I didn't see it straight way, but only after Celeste indicated it to me, I saw the little white coffin in the middle of the main aisle. A little girl, Luz Marina, that I had taken care of and fed many times, had died as we were away.. Apparently a bad fever, some troubles breathing and the complete lack of care of the doctors were the reason of her death. She was laying there, in a white dress, in a white coffin, with a white flower on top, looking like a little angel that had finally found her peace... Looking at her, I felt infinitely sad, but also Infinitely relieved. Finally free from a body that had only caused her pain, she had to feel like the kid she never had a chance to be in her earthly life now. That's all I hope for, that those children one day get a chance to feel free of all their terrestrial pain, and get to be, finally, just like any other child, if not more, little stars shining in the sky, for they truly shine in mine now...

Week 2 in Cusco

It is now two weeks that we are in Cusco ( Cannot believe I am only 2 weeks away from departure date...), and the second week has been just as full and a good as the first one (I chose voluntarily to erase from my memory all the troubles we had with the first travel agency, and the time spent at the police station...).

Our work at the center is becoming more and ore interresting as we are getting to know all the kids, what they enjoy the most, what makes them mad, which food they like and which they don't (that is, which food they will spit right back to your face)... I thought part of my volunteering work here would be hard, I thought there would be tough times... But for most of the time I was wrong: They stopped a while ago to be "special kids" to me. I just enjoy seeing their happy faces every morning, playing with them and making them giggle, even feeding them stopped being a fight between me, the not-so-yummy food, the spoon and their mouth. Every moment spent with them has just made me feel more aware, more thankful of my own luck, and of the luck of most European kids... And yet, despite their handicaps, these kids get to laugh, to dance, to play with a ball, to paint, to make scenes when then want more food, or simply to cry because they want to be held in your arms...

Each of them has its own, very defined character. Some of course, express it more than others. Like Luis. Luis is a little boy of 10years old, whose stomach is so small he can hardly eat most of the food that is given to him without vomiting it all right back...  Though Luis loves to eat. So when the sisters or Dany take too long to give him his meal, he starts a real show of fake tears and sobs, until eventually he gets what he wants.. In short, a real little man! He can be very sweet and cuddly at times, and at some others, he will start hitting his head hard against the floor, or against anything he finds really (walls, chairs, toys, other kids, yourself...) this his part of his "abnormality": Probably some sort of hitch he gets, due to a bleed in his brain or something similar... Luis is very small for a 10 year old, mostly due to his stomach problems... Which is not quite a good sign for the future... Seeing him so full of life makes me feel really frustrated nothing can be done for him at the center to improve his condition. He could make tremendous improvements with a little bit of medical assistance...

Don't get me wrong here though, I do not blame the Sisters for it. They are doing a fabulous job taking care of them all, with such love and patience. But authorities make their life very difficult, and every attempt they make to cure those kids is closely watched by the police... If anything happens, they could close the center... How ironic! As if the Sisters could do them any harm! They are the only ones who still care for them! 
Undertaking an operation on any of the children would be taking too much risk, and the best they can do is care for them in their current state. No worse, but not really better either... At least those children get all the love that was denied to them at first...

lundi 19 juillet 2010

Chasse aux puces, Demenagement et Messe du Dimanche

Deuxieme weekend a Cusco, qui devait initiallement etre moins mouvemente que le premier... Samedi etant notre jour off, nous avions prevu une fantastique grasse matinee, la premiere depuis notre arrivee puisque notre travail au centre requiert en general un reveil assez matinal. Et bien manque de chance, ce ne fut pas exactement le cas...

Premierement grace a Coco. Coco est le perroquet du proprietaire de notre hotel. Coco qui s'appelle en faite Lorenzo, mais qui commme n'importe quel autre perroquet s'est fait renommer Coco pour la postérité. Coco est un oiseau bien stupide, et bien vicieux aussi, avec des facheuses tendances, comme celle de chanter ds 6.30 du matin, ou encore celle de me terroriser en faisant des plongeons rasants au dessus de ma tête. Je n'aime pas Coco. Et Coco le sait. Et par consequence, Coco a tout fait pour me pourrir la vie. Commme par exemple, se poster devant la porte de ma chambre en attendant que je sorte pour lancer une de ses charges (autant vous dire que Coco s'est prit la porte plus d'une fois en pleine tête), ou encore semettre a chanter a l'aube le seul jour ou Celeste et moi pourrions dormir...

Nous etions donc debout assez tot, pour decouvrir que nous nous etions faites attaquees par des puces pendant la nuit. Cette charmante surprise marqua le debut d'une longue, tres longue journee. La premiere reaction fut biensur de maudir Coco, qui bien entendu devait en etre plein, de puces. La deuxieme fut de se precipiter dans le premier drugstore et d'acheter une bombe anti-cafards, anti-mites, anti-araignees, enfin bref anti-petites betes degoutantes, mais pas anti-puces car apparement ca n'existe pas...enfin comme le vendeur nous l'a assure, "si ca peut tuer un cafard, ca peut tuer une puce".... oui, et d'ailleurs la notice disait que ca pouvait meme nous tuer nous...enfin bref, aux grands mots les grands remedes!
Apres avoir pulverise tous les recoins du lit ainsi que l'integralite de la valise de Celeste, et apres avoir jeté un ultime coup d'oeil a la moquette couleur vert bouteille de notre chambre sans fenêtre, qui devait clairement être un paradis a parasites, nous decidions de se mettre en chasse d'un autre hotel, qui lui aurait des draps propres, pas de locataires surprise, et peut etre même une fenêtre, sans parler d'une douche avec eau chaude...

Nous avons donc silloné la ville a la recherche de cette perle rare, visitant sur la route des endroits assez glauques, oú les lattes du parquet tenaient probablement par la bonté du Santo Spirito, de Maria et de Jezus reunis, d'ailleurs representé dans un joli cadre en macramé au dessus du sommier, parfaitement raccord avec le papier peint moisi. Bref, Coco Lodge, a côte, c'etait grand luxe.
Biensur nous avons aussi visite de charmants petits hotels avec de magnifiques patios interieurs ou je me voyais deja prendre le soleil en lisant le livre sur la fin du Monde légué par Tiphaine avant son départ (lecture tres joyeuse qui deja me predispose a la positive attitude...!). Malheureusement nos talents de negociatrices, quoique de plus en plus aigus, n'ont pas ete suffisants pour nous permettre de s'installer dans ces charmantes alternatives qui, a ce moment la, avaient tout pour nous du 5 etoiles luxe.
Nos efforts finirent quand même par payer, et c'est ainsi que nous trouvions le samedi a 9h du soir une chambre a 10 metres de notre premier hotel, dans un charmant petit bed and breakfast. Nos mines depitees ajoutées a la force du desespoir finirent par convaincre le proprietaire de nous louer une charmante petite chambre pour un prix qui nous permettait de continuer a manger pour le reste des 2 semaines. Apres avoir verifie les draps une seconde fois et lance un alleluia bien senti, nous disions donc ok a notre nouveau petit nid douillet...

Apres avoir passe une derniere nuit avec Coco (au grand drame de Celeste), nous sommes allées hier au centre pour assister avec les enfants a la messe Domenicale. Il y avait beaucoup plus d'enfants que pendant la semaine puisque certains d'entre eux sont suffisament autonomes pour aller dans une ecole specialisée pendant la journee. Biensur l'ecole etant fermee le weekend, nous faisions donc la connaissance de Carlos, Mari Lou, Martin et bien d'autres... D'autres jeunes venant d'un college voisin etaient egalement la pour donner un coup de main. Il y avait donc un volontaire pour s'occuper de chaque enfant.
Le petit garçon dont j'avais la charge s'appelait Martin et devait avoir dans les 6/7 ans. Un petit bonhomme deja bien costaud, qui malgrè un degré d'autisme assez poussé, regorgeais d'energie. A tel point que la messe fut pour lui la parfaite occasion pour faire une imitation de Tarzan sur les bancs de l'eglise. J'eu un peu de mal a canaliser son energie debordante au debut, mais il finit par se calmer, lorsqu'assit sur mes genoux et entourre de mes bras, je sentis sa respiration agitee se poser au même rythme que la mienne. Il etait alors devenu un petit ange recherchant la chaleure humaine comme abris. La trève dura seulement un temps, et au moment de la communion, il était redevenu un petit singe, sautant et criant a tout va, sous les yeux reprobateurs, mais toujours pleins d'amour, de la soeur principale, assise juste devant nous.

Ce matin encore, je profitais d'un moment de complicite avec le petit Gabriel, 3 ans, plus jeune enfant du centre, dont l'apparence exterieur ne pourrait pas laisser présager de son handicap pourtant existant. Suite a une meningite tres violente étant bébé, sa croissance fut completement altérée, et aujourd'hui ses muscles restent encore très atrophiés. Il est incapable de se maintenir droit tout seul, encore moins se tenir debout, et doit donc être maintenu en activité pour eviter l'ecrasement de ses organes. Malgré tout Gabriel est un petit amour plein de vie, distribuant ses sourires a tous ceux qui s'occupent de lui. Il a aussi fait beaucoup de progrès dernierement, en grande partie grace aux physiothérapeutes volontaires qui viennent passer un peu de temps au centre. La semaine dernière notamment, deux italiens s'occupaient des enfants avec nous, les faisant faire des exercices en tout genre. Ils sont malheureusement partis maintenant, mais il semble que régulièrement d'autres viennent et donnent un peu de leur temps pour aider les enfants a leur tour.

... Voila encore un message horriblement long, pour ceux qui ne se seront pas endormis pendant la lecture, je vous embrasse tres fort, et pour ceux qui se reveilleront avec les lettres de leur clavier imprimees sur leur front, je promets de faire plus synthétique la prochaine fois...

A tres vite,
Lea

vendredi 16 juillet 2010

First week in Cusco

I am finally starting to be up to date with this page, as I will now start to tell you a bit about my first week here in Cusco...

We arrived last saturday Tiphaine, Celeste and I, with no real idea of what we were going to find here... Well Cusco is a beautiful city. Just like Arequipa, it is set in the heart of green mountains, and consequently pretty high in altitude: around 3,400 meters. Today, Cusco has about 300,000 inhabitants, which is about three times more than what the city had 20 years ago...Well, turism did its job, and not always a nice one...

The city itself is a piece of art, with its colonial buildings, mixes of wood balconies and white stones, old churches built in an harmony of red rock and golden embellishments, its large plazas where Cusqueños come to rest on benches or just to go about their businesses, selling all sorts of "100% Alpaca clothes"... Well, you have more chance to find 100% Alpaca in the souks of Marrakesh than on those street merchants stands. If you are lucky, you will end up with a mix of silk and lama hair. If not, congrats, you just bought yourself a great acrylic jumper...! No need to travel that far for that, H&M does just as great a job!

I could only feel glad that this was the place we had decided to spend the next 3 weeks... I looked forward to walk the narrow (and steep, very steep!) streets, try the lovely taverns and restaurants of the place, and of course, discover Cusco surroundings that host the very famous Machu Pichu, but also the Sacred Valley, the Choquequiraw temple, and so on and so forth... But most importantly, I looked forward to finally start the one thing for which we were to spend so long here... Our volunteer work at the Missionares de la Caridad, operated by the sisters of Mother Teresa, who take care of handicaped Children and orphans (most of the time they are both), and elders left without family or simply to sick to be taken care of by their own...

Our first meeting with the sisters was quite an experience by itself. After being shown the way by an infinitely kind Carmelite mother, resident of a convent close to our hostel, we arrived at the center where a boy, who could have been in his 20s (his clear handicap made it hard to tell) openned us the door. He led us to the head sister in charge of the center, a tiny Indian woman who nevertheless transpired the strength of her devotion... She looked almost angelic in her white "dress" bordered with blue linen, outfit caracteristic of the sister of Mother Teresa. She looked very pleased with our intentions to come and help for a few weeks. Apparently, help is pretty scarce around here, and volunteers are never numerous enough to handle all the work that needs to be done in the center. We were soon to discover for ourselves that it was, indeed, a lot of work to take care of all those persons, who had not a glimpse of autonomy and whose life depended completely on the good cares of the sisters.

She shown us around the center, introduced us to the people we were gonna be working with. Mostly, we were to help with the children, for the majority handicaped to the point of not speaking, not moving, hardly understanding what was said to them. She also took us through the adult quarter, where I had the first most revealing meeting. There was a person, burnt almost entirely, with 2 wide open gaps where her eyes should have been, an indinstinct shape where her nose should have stood, no lips to cover her difformed teeth range, almost no hair left on her scalp, and many, many scars all over her skin... I knew it was a she for a sister told me her name. Antonia. Well, at first, I couldnt help but take by eyes away from her, for her sight made me feel incredibly sick... but after a while, I resolved myself to look again. It took a lot of strenght to do so, but I started asking questions to the sister about her, decided to see the human in this person who had nothing left of humanity... Her name is Antonia. Antonia is 38, she has 4 kids. She was found by them in her burning house, where she had fell asleep after leaving the cooking pot on. They brought her to the hospital, with patches of her skin falling off her. They left her there and never came back. She had several operations, but none could give her back even a bit of the look she had had. Once a women, a mother, a wife, now a monster for the eyes of all.
The worst thing is, Antonia is fully conscious. She hardly speaks, but she understands perfectly well. As she understands her family left her, probably not able to look at her without disgust, or too poor to care for her now that she can hardly move, because of constant nerves shake and spasms. She also feels the full pain of her situation. The sisters cannot give her medecines every day because they are too expensive. So she gets them only when the pain is so strong she cannot possibly stand it anymore. And that¨s her day to day life.
Tiphaine helped a woman undress Antonia and laid her in her bed. I infinitely admire her for that, not many people could have dared to touch the scared skin, the rotten body of that women. But she did, and as she said, she got a sense of the human inside the monster...

Not every of our days at the center are like this one. As I said, we work mostly with Children. They are aged from 3 for the youngest, Gabriel, to 16 for the oldest, Carmela They are for the most part severely impaired, often both physically and mentally, and need constant attention. Our role is to wash them in the morning, then play with them and make hem exercise for about an hour and a half, then feed them, brush their teeth and get them ready for their afternoon nap. In the afternoon the other women working full time in the center and who are not sisters, take over. Celeste and I have been working for a week now. And every day has been more gratifying. We are starting to know each of them, their stories who are often to dark and to terrible to imagine, their diseases, often incurable or whose cures are too expensive to be undertaken, but most importantly we get to know them, outside of their dark pasts and overly present handicaps. We get to learn what they like and dislike, what makes them happy and what makes them cry... We get to learn that just like any other children, they might do things just to piss us off, or to amuse us. And for a moment, we stop considering them like handicaped kids, and we simply try as hard as we can to make them happy, to make them feel like any other kid on this earth, born without a lethal disease. And as Celeste told me one night that we were having a very deep conversation around a mango daiquiri, the one single smile those children can give you are worth more than anything on this earth...

I know my staying here for 3 weeks won-t make any difference in their life. I know they will all die way too soon and there is nothing I can do to prevent that. But if I can give them only a moment of joy, make them feel only for a moment that life for them as well can have nice surprises, then it was not all for nothing.

I am no Mother Teresa. And again, as Celeste said, doing this might be for a large share selfish, because I will never make those kids feel just as happy and as alive as they make me feel. So do not misunderstand what I wrote in this last message. There is no pride to have here. My contribution won-t change anything. It just makes me feel more conscious of my luck than I have ever felt. And for that I am infinitely grateful to those children. The real heroes here are the sisters, who every day of they lives, without interruption, attend those people and give them the attention and the affection that was taken away from them...

I have loads of things to tell you more about Cusco, about how the 3 of us got ripped off by a Tourist agency, got abandonned in the midle of nowhere and had to spend 3 days in a police station arguing with the whole world, how we still haven-t got the full money back, how we tried to find a room to rent somewhere so we could spare some money, how we met those random people with random life stories along the way, how it was all unsuccessful in the end and how we just ended up staying in our hostel, where there is a killer parrot that is trying to kill me since the day we arrived... I will tell you all that of course, and tell you about the rest of our stay here, that will not just be about working for Mother Teresa... But really, I feel that what I will remember from Cusco in the end, is the time I will have spent with those children...

So I send you loads of kisses from a beautiful place on earth, where I am having a fantastic time.

With all my Love,
Lea

jeudi 15 juillet 2010

Arequipa & Colca Canyon

Voila maintenant un peu plus d'une semaine que je suis arrivee au Perou. Apres avoir quitte la Bolivie, nous nous sommes dirigees directement vers Arequipa, seconde ville du Perou en terme d'activite economique, en passe de surpasser Lima.

Nous avons donc pris un bus depuis Copacabana a direction de Puno, plaque tournante sur les rives du lac Titicaca pour les touristes qui souhaitent se diriger vers la Bolivie, ou qui au contraire remontent vers Cusco. Nous etions les seules de notre bus a avoir choisi de passer a Arequipa. Nous avons donc embarque dans un bus tres moyennement comfortable, dans lequel nous etions censees passer la nuit, avant d'arriver a Arequipa sur les coups de 4h du matin. Soit. Sauf que, chose que l'agence ne nous avait pas dit, c'est qu'il ferait a peu pres -10 degres a l'INTERIEUR du bus cette nuit la. Charmante surprise pour Tiphaine, Celeste et moi qui sentions progressivement nos orteils se congeler, nos doigts se raidir, et tous nos muscles se tendre dans un effort completement vain pour se rechauffer. Resultat, Tiphaine opta pour le mode pneu Michelin/Bibundum, disparaissant quasi completement sous ses couvertures, et Celeste et moi fimes un ultime effort en se collant l'une a l'autre sous le meme duvet, pour ne pas arriver au moment fatidique ou l'on devrait nous emputer des extremites dans un hopital Peruvien... 
Finalement le bus arriva a Arequipa, 2 heures plus tôt que prevu, et nous nous trouvames donc un hotel pour tenter de recuperer l'usage de nos membres et passer quelques heures de sommeil.
Je crois que j'ai rarement apprecie autant le confort d'une couverture et d'une douche chaude au reveil. En definitive, on prend beaucoup trop de choses pour acquises en Europe...

Le lendemain nous etions enfin mieux disposees pour visiter la ville, qui nous apparut vraiment sublime, sous un beau ciel bleu. Arequipa, située a une altitude de 2.380m, et localisée dans un ecrin de montagnes et de volcans aux sommets enneigés dont le volcan El Misti, fut pendant longtemps le carrefour commercial et politique du Perou, notamment sous le directorat Espagnol. Cela reste une ville tres active, tout en etant veritablement magnifique, du fait de son architecture heritee de l'epoque coloniale: La place centrale avec sa cathedrale gigantesque, son parc ou les Arequipeños se prelassent a l'ombre des palmiers, ses couvents et monasteres dont l'interieur ne laisse toujours pas indifferent aujourd'hui...

Apres avoir pris un verre de vin au balcon d'un café français avec vue sur le toit du couvent Santa Caterina, veritable bijoux de par sa taille et le detail de sa construction, ainsi que sur le sommet du Volcan El Misti qui domine la ville, je me faisais la reflection que je pourrais tout a fait passer un bout de temps dans cette ville..

Mais c'était sans compter sur la quantité de choses que nous desirions egalement voir avant que Tiphaine ne reparte pour l'Europe. Nous decidions donc d'aller passer 2 jours dans le Colca Canyon, situe a 3h de route d'Arequipa, pour y admirer les vestiges d'une installation agricole Inca, se baigner dans des sources chaudes, et aller observer le vol des condors au petit matin a un point culminant du Canyon.

Malgré un guide plus qu'enervant et quelques touristes qui semblaient tenir absolument a prouver qu'ils etaient les plus grands abrutis de la terre, ces deux jours dans le canyon furent vraiment geniaux. Apres etre arrivees dans le village ou nous devions passer la nuit, nous sommes parties pour un trek de 3 heures a travers la montagne, un ancien village Inca, traversant le canyon et plusieurs terrasses d'agriculture ancestrales, pour arriver finalement aux sources chaudes ou nous nous sommes baignees. L'hotel ou nous sommes restees dormir ce soir la etait juste une petite merveille au fin fond de nulle part, et nous offrit un comfort auquel nous n'etions plus habituees.

Le lendemain matin assez tot, nous etions en route pour voir les condors... et nous n'etions pas les seules. Des files entieres de cars touristiques devant nous, des groupes entiers de personnes tant bien que mal aglutinees aux miradors dans l'espoir de voir les fameux oiseaux... Si j'avais ete un condor, jamais je n'aurais voulu sortir pour voir cette foule de touristes, bruyants et toujours en mouvement, a peine respectueux de la nature qui les entoure. Et je pensais a quel point il est dommage que les Peruviens eux même ne prennent pas plus de mesures pour proteger cet ecosysteme si precieux mais si fragile deja...
Enfin clairement les condors sont moins rancuniers que moi car ils se montrerent assez rapidement, et en grand nombre, pour nous offrir un show aerien assez impressionant. Ce sont probablement les animaux les plus majestueux que j'ai vu jusqu'a aujourd'hui. Et les voir evoluer dans cet environement de montagnes pelees, au dessus d'un des canyons les plus profond au monde, est une experience assez magique, que la horde d'appareils photos et de flashs crepitant qui m'entouraient a ce moment la ne parvint pas a gacher.

En repartant vers Cusco, nous avons fait plusieurs stops pour admirer le panorama depuis la route, et j'essayais alors d'imaginer ce que les Espagnols avaient du ressentir en penetrant dans cette vallee. Comment ne pas se sentir humble devant tellement de preuves d'une maitrise deja si evoluee de la terre et des techniques d'agriculture, il y a plus d'un demi siecle deja... Si tant est que les conquistadors aient eu cette pensee, ca ne les a quand meme pas empeche de chasser a grands coups de massacres et de maladies europeenes les habitants originaux de la vallee... Comme quoi l'homme n'a jamais vraiment cesse de faire des choses stupides..


Apres notre retour a Arequipa, nous prenions le soir même la route de Cusco, ou nous devions arriver le lendemain matin aux alentours de 6h. Cusco est encore une autre aventure, qui va suivre tres vite dans un prochain message...



Je vous embrasse fort,
Lea